Archives de catégorie : Oeuvres

La Nativité sur le portail Sainte-Anne de Notre-Dame

Retrouvez cette oeuvre lors de la visite de l’île de la Cité

Un tympan itinérantPortail sainte Anne Notre-Dame

Portail sainte Anne Notre-DameParmi les nombreuses constructions déplacées à Paris, celle-ci n’atteint pas les records de distance : quelques mètres séparent le tympan du portail de Sainte-Anne de son emplacement d’origine sur la façade de la cathédrale Saint-Etienne. C’est en effet à saint Etienne qu’était dédiée la cathédrale que l’évêque Maurice de Sully fit démolir pour construire la nouvelle cathédrale dédiée à la Vierge. Le remploi de ce tympan aux motifs mariaux s’imposait donc. Sculpté vers 1150, il a été modifié pour s’adapter au nouveau cadre qui l’a reçu un peu après 1200. Mais cette thèse est en partie mise en doute par des recherches récentes, les dernières études montrent qu’il faut discerner des étapes multiples (voir les références en bas de page) et certaines interprétations ne sont pas encore bien arrêtées.

Les sculpturesPortail sainte Anne Notre-Dame

A partir de la fin du XIVe siècle la Vierge sera représentée agenouillée, dans une attitude d’adoration. Les figurations varient selon qu’on met l’accent sur la divinité ou l’humanité du Christ. Mais ici, le relief de la naissance du Christ, très expressif, s’inscrit dans une tradition déjà longue de représentations naturalistes de cette scène. C’est la généalogie « terrestre » du Christ qui est mise en avant au moyen de la représentation du mariage d’Anne et Joachim, ses grands-parents et du mariage de Marie et Joseph (ces deux mariages sont visibles sur le linteau inférieur, ajouté pour l’adaptation du tympan à son nouveau cadre). Portail sainte Anne Notre-Dame
La Nativité proprement dite est figurée sur le linteau supérieur où la Vierge apparaît couchée, l’enfant dans un berceau au-dessus d’elle réchauffé par l’âne et le boeuf qui voisinent avec le choeur des anges. Refus des hiérarchies ou unité des mondes terrestres et célestes.Portail sainte Anne Notre-Dame

Les trois mages, à l’avant dernière étape de leur périple, demandent à Hérode où se trouve le « nouveau roi ». Leurs regards questionnent, Hérode s’impatiente en attendant la réponse des docteurs qui examinent avec étonnement le texte où ils semblent trouver ce qu’ils n’attendaient pas.
Les personnages sont trapus, le volume de la tête est privilégié, l’expression l’emportant sur l’exactitude des proportions des corps.Portail sainte Anne Notre-Dame

Pour aller plus loin

Jean Thirion a consacré des études poussées à ce portail. La présentation de ses résultats se trouve dans ces deux articles :
Francis Salet, « Le portail Sainte-Anne de Notre-Dame de Paris » [compte-rendu], Bulletin Monumental Année 1970 128-3 pp. 240-242.
Illiana Kasarska, « Les sculptures du XIIe siècle au portail Sainte-Anne à Notre-Dame de Paris », Bulletin Monumental Année 2001 159-2 pp. 183-184.

L’horloge du Palais de la Cité

Horloge du Palais de la Cité ile de la Cité
Retrouvez cette horloge dans la visite de l’île de la Cité

L’emplacement de la première horloge publiqueHorloge du Palais de la Cité

Horloge du Palais de la CitéC’est sur la rive nord de l’île de la Cité que, vers 1370, la première horloge publique de Paris est installée. La tour de l’horloge faisait alors partie du palais du roi. C’est Jean II dit Jean le Bon qui avait commandé ce chef-d’oeuvre mécanique dont nous ne voyons plus rien aujourd’hui. Reconstruite à différentes époques, c’est sous Henri III, à la fin du XVIe siècle, que l’horloge prend son aspect actuel : le cadran s’inscrit dans une façade d’édifice à l’antique richement ornée selon le goût de cette période de la Renaissance. Les modèles d’ornements italiens circulent en effet beaucoup à Paris et ils forment le goût des commanditaires.

L’heure de la justiceHorloge du Palais de la Cité

Quand Henri III monte sur le trône le palais du roi n’est plus sur l’île de la Cité depuis deux siècles, mais la justice y est restée. Le Palais de Justice actuel est le témoin de la continuité du pouvoir judiciaire en ce lieu. Henri III choisit donc de faire orner l’horloge des allégories de la justice, munie du glaive et de la balance, et de la loi, portant la main de justice et une table dont l’inscription rappelle que la loi terrestre est ancrée dans la loi divine. Horloge du Palais de la CitéC’est à Germain Pilon qu’on doit ces sculptures.
L’inscription latine dans le cartouche supérieur signifie que Celui qui a déjà donné deux couronnes au roi lui en attribuera une troisième. Henri III a en effet été roi de Pologne (d’où l’emblème de la Pologne à côté des fleurs de lys) avant de devenir roi de France. La troisième couronne sera céleste.
Dans le cartouche inférieur c’est de l’horloge comme symbole de la justice qu’il est question : Cette machine qui fait aux heures deux fois six parts si justes enseigne à protéger la Justice et à défendre les lois.

Horloge du Palais de la Cité

Un dessin de Hoffbauer conservé au musée Carnavalet restitue l’horloge et la tour au début du XIXe siècle.