Le pont d’Arcole

Le premier pont

pont d'arcole
Charles Marville (1813-1879). L’ancien Hôtel de Ville et l’ancien
pont d’Arcole suspendu, vus du quai Napoléon,
31 mars 1852, numéro 198. Paris, musée Carnavalet.

Un premier pont suspendu est construit pour relier Notre-Dame à l’Hôtel-de-Ville en 1828. Aucun pont n’occupait cet emplacement auparavant. Il est l’oeuvre de l’ingénieur Marc Seguin, qui venait de triompher avec le premier « pont à fil de fer » reliant Tain-l’Hermitage et Tournon-sur-Rhône (1825). La photographie de Charles Marville montre le premier pont d’Arcole quelques mois avant sa démolition. Avec 3 m de largeur il n’était accessible qu’aux piétons, et l’ère haussmannienne qui s’annonçait exigeait un pont plus large et plus commode.

C’est pourtant ce premier pont qui reçut le nom « d’Arcole » en 1830. Les sources divergent sur l’origine exacte du nom : un émeutier des Trois Glorieuses, s’appelant Arcole, tué sur le pont alors qu’il entraînait avec lui les Républicains, ou – moins probablement – un hommage à la victoire de Bonaparte sur les Autrichiens en 1796. La seule certitude est que son nom lui a été donné par le peuple de Paris, ce pont devenant ainsi un symbole républicain.

1854 : le second pont d’Arcole

pont d'arcole
Les 14 arcs constituant le pont d’Arcole

Parmi les projets pour un nouveau pont, celui des ingénieurs Alphonse Oudry et Nicolas Cadiat est retenu. En France, c’est le premier pont construit en fer et non en fonte. Le grand avantage du projet est de franchir le grand bras de la Seine sans pile intermédiaire, soit une arche de 80 m de portée. Un record pour ce type de pont. L’approvisionnement de Paris se fait encore en grande partie par le fleuve à cette époque. Il est donc intéressant de laisser le plus de place possible à la navigation.

Les deux ingénieurs ont voulu innover pour construire un structure à la fois légère et solide. Pour cela ils ont mis en place un système permettant de faire travailler la partie horizontale et, ainsi, d’alléger chaque arc.

Une esthétique de la structure

pont d'arcole

La légèreté obtenue par la technique ne doit pas disparaître derrière un décor abondant. L’époque veut que l’ornement souligne les articulations des édifices et des ouvrages d’art. C’est pourquoi on ne trouve que quelques motifs végétaux, élégants et discrets, aux points de jonction des différents éléments. La Tour-Eiffel n’en aura pas davantage quarante cinq ans plus tard.

A propos du pont d’Arcole :