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Les Ateliers Berthier architecture

Un monument historique dans la ZAC Clichy-Batignolles

les ateliers Berthier architecture
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Façade sur le boulevard Berthier

La rénovation totale du nord du quartier des Batignolles et de la Porte de Clichy au début du XXIe siècle n’offre que peu d’occasions de dialogue entre l’architecture contemporaine et le patrimoine bâti. Pourtant, la présence des Ateliers Berthier au milieu de ce secteur au paysage entièrement renouvelé est une chance pour créer un nouveau morceau de ville.

C’est l’architecte Charles Garnier qui a construit ces ateliers achevés en 1898, donnant sur le boulevard Berthier, qui leur a donné leur nom, et élevés sur le terre-plein du bastion n° 44 de l’enceinte de Thiers. L’enceinte n’était pas encore désaffectée mais elle n’était plus utilisée et le ministère de la guerre avait autorisé la construction.

Une architecture fonctionnelle et recherchée

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Façade nord-ouest, le mur du bastion 44 en contrebas

C’est le seul bâtiment de type industriel construit par Garnier. La charpente est métallique pour offrir de vastes espaces de travail et un éclairage zénithal, mais la qualité des façades annonce un édifice fonctionnel peu ordinaire. En effet, un niveau en meulière supporte les parties hautes où pierres et briques composent une ornementation claire et soignée dans les pilastres, les bandeaux et dans les arcs encadrant les baies en plein cintre. Une extension en béton de chaque côté du bâtiment de Garnier a été faite par Michel Roux-Spitz dans les années 1950.

On fabriquait et on stockait ici les décors utilisés à l’Opéra construit par Garnier lui-même et achevé une vingtaine d’années plus tôt. Depuis l’incendie en 1894 du précédent bâtiment des décors de l’Opéra, rue Richer, les activités avaient été installées provisoirement au Champ-de-Mars.

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Un avenir théâtral les ateliers berthier architecture

Le lieu devient salle de répétition dans les années 1990 tandis que les ateliers s’installent en partie à l’Opéra Bastille. A partir de 2003 un espace est aménagé pour servir de salle temporaire au théâtre de l’Odéon fermé pour quatre années de travaux. Le succès du lieu permet d’en faire une salle de spectacle permanente, la deuxième scène du théâtre de l’Odéon depuis 2006. En 2016 est décidée la création d’une cité du théâtre qui réunira ici l’Odéon, la Comédie Française, l’Opéra de Paris et le Conservatoire nationale supérieur d’art dramatique. Ces grandes institutions feront du bâtiment de Charles Garnier un centre attractif du nouveau quartier Clichy-Batignolles.les ateliers berthier architecture

Les ateliers Berthier sont visibles lors de la visite du quartier des Batignolles.

Basilique de Saint-Denis architecture

Chef-d’oeuvre de l’art gothique, la basilique de Saint-Denis témoigne à la fois de la naissance de cet art et de son achèvement. L’abbé Suger en est le principal artisan, même s’il n’en est pas l’architecte. Il a beaucoup écrit sur la construction qu’il a commandée, c’est pourquoi l’édifice est mieux documenté que beaucoup de ses contemporains. Dans le De Consecratione et le De Administratione, Suger décrit son projet dans sa construction, son financement et dans de nombreux détails matériels, mais en le ramenant à sa signification spirituelle où la lumière tient la première place.

basilique de saint-denis architecture

L’abbé Suger, religieux et homme politique puissant, entreprend la reconstruction de la vieille église carolingienne dans les années 1130. Il commence par le massif occidental, porteur encore de nombreuses marques de l’architecture romane. La façade occidentale célèbre saint Denis dans un ensemble sculpté aux détails raffinés.

Une architecture de lumièrebasilique de saint-denis architecture

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Suger s’est fait représenter sur le vitrail de l’Enfance du Christ

Une fois la façade occidentale inaugurée, Suger pose la première pierre du chevet en 1140, il sera inauguré quatre ans plus tard. Ses architectes sont parvenus à faire entrer une lumière abondante et subtile à l’intérieur de l’édifice en supprimant toute maçonnerie à l’exception des piles et des colonnes. A la différence des églises antérieures, les cloisons entre les chapelles rayonnantes disparaissent, laissant place à un mur ondulant presque entièrement vitré. L’idéal de l’architecture lumineuse est atteint pour la première fois.

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La nef, perfection gothique

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La paroi nord de la nef

C’est sous l’abbatiat d’Eudes Clément et sous le règne de saint Louis que la nef, reliant les extrémités construites par Suger, est commencée. Cette construction est achevée vers 1280. On sait que Pierre de Montreuil a travaillé à ce chantier qui signe une nouvelle prouesse constructive. En effet, les arcs boutants et les croisées d’ogives se sont perfectionnés à mesure qu’avançaient les chantiers des cathédrales; on parvient à supprimer les tribunes, remplacées par des triforiums, galeries vitrées dans l’épaisseur du mur. Les colonnes s’élancent du sol au départ des voutes, sans les interruptions qu’on connaissait jusque là, par exemple à Notre-Dame de Paris. Ces colonnes forment un faisceau dissimulant le noyau du pilier, ce qui procure un élan vertical inconnu jusque là.

On reconstruit le transept et les parties hautes du choeur à cette même période pour les harmoniser avec la hauteur et l’élancement de la nef. Les architectes parviennent à donner une grande unité à la basilique malgré les différentes techniques utilisées et la longue durée de la construction.

La tour nord

La tour nord de la façade occidentale avait été commandée par Suger, elle fut construite après sa mort et dut déjà être reconstruite en 1219. Très endommagée par la foudre en 1837, elle fut réédifiée, mais des défauts de construction ont imposé sa démolition rapide. Eugène Viollet-le-Duc, chargé ensuite la restauration de l’édifice, a proposé une reconstruction. On peut en voir le dessin sur le site L’histoire par l’image du ministère de la culture.

Pour en savoir plus : Saint-Denis, la basilique, E. A.-R. Brown, traduit de l’anglais par D. Cabo, Zodiaque, 2001.

Accéder à la page de présentation de la visite guidée de la basilique de Saint-Denis.

La barrière du Trône

La barrière du Trône, vestige d’une enceinte de Paris


Ce monument est visible lors de la visite des enceintes de Paris.

barrière du Trône

Le pavillon de logement des commis de l’octroi et la colonne de la rive sud de l’avenue du Trône

À l’est de la place de la Nation fut élevée en 1787 une porte monumentale composée de deux colonnes et de deux pavillons d’octroi séparés, disposés symétriquement au nord et au sud de l’avenue du Trône. Cette porte était l’une des cinquante-quatre entrées de Paris jalonnant le mur d’enceinte fiscale élevé sous Louis XVI. Ce mur des Fermiers généraux a marqué la limite administrative de Paris jusqu’en 1860. Son nom lui venait de la Ferme générale, institution de l’Ancien régime, formée des « gens d’affaires » chargés de prélever les impôts.
C’est en franchissant ces portes qu’on payait les taxes sur certaines marchandises entrant dans la ville. Deux d’entre elles avaient une architecture remarquable parce qu’elles se trouvaient sur l’axe triomphal est-ouest : la barrière de l’Etoile (actuelle place Charles De Gaulle) et la barrière du Trône, dite aussi barrière de Vincennes.

Une oeuvre majeure de Claude-Nicolas Ledoux


La colonne de la rive nord, à l’arrière plan le pavillon des logements.

Architecte le plus en vue à la fin du XVIIIe siècle, Ledoux est aussi l’architecte de la Ferme générale. Il apporte son originalité à l’époque néo-classique; on le dit architecte des Lumières à cause du caractère géométrique et rationnel de ses constructions, mais aussi à cause de leur effet visuel clair et imposant.
Les colonnes doriques de la barrière du Trône sont fidèles au goût pour l’Antiquité très marqué à la fin du XVIIIe siècle. Ledoux avait prévu des sculptures au sommet, allégories de la liberté du commerce et de la fortune publique. Elles n’ont pas été réalisées, le coût des portes monumentales étant jugé indécent par beaucoup en cette période de grave crise économique.
En 1843 les statues de saint Louis et de Philippe-Auguste viennent couronner les colonnes. Le roi des Français, Louis Philippe, entend réconcilier la Nation avec elle-même et avec son histoire en mettant en vue les grands hommes qui l’ont construite. C’est lors de la même campagne de travaux que les colonnes sont ornées à leur base de diverses allégories.

Les pavillons de plan carré, à l’est des colonnes sont des logements pour les commis de l’octroi. Ils participent à la monumentalité de l’ensemble. Il est vraisemblable que Ledoux ait d’abord envisagé que ces pavillons servent de piédestaux aux colonnes.

Vers la visite des enceintes de Paris.

À propos de la barrière du Trône :

– Un dessin de Christophe Civotet sur le site de la Bibliothèque nationale de France, montrant l’état du monument en 1829 : les statues prévues au somment des colonnes n’ont pas été réalisées, les emplacements seront occupés par les statues commandées par Louis Philippe dans les années 1840.