Cette église est visible lors de la visite de Montmartre.

Une construction rationalise

La façade sur la place des Abbesses

Construite de 1894 à 1904 place des Abbesses, l’église Saint-Jean-l’évangéliste, appelée couramment Saint-Jean de Montmartre, était destiné à remplacer l’église Saint-Pierre, trop petite et menacée de démolition, située au sommet de la butte. Finalement, les deux églises existent toujours. Anatole de Baudot est l’architecte de Saint-Jean. C’est un disciple de Viollet-le-Duc. Celui-ci est connu pour ses travaux de restauration, mais on oublie souvent qu’il est le promoteur de l’architecture rationaliste : ce n’est pas le « style » gothique qu’il admirait dans les constructions médiévales, mais l’œuvre de la raison, la clarté de la structure toujours visible et clairement lisible dans les cathédrales du XIIIe siècle. Viollet-le-Duc s’est efforcé d’imaginer l’idéal de la construction que les architectes du Moyen-Âge avaient – peut-être – en tête, un idéal qu’on peut saisir d’une façon presque purement mathématique.

Première église en ciment armé

WP_20150602_023
Détail du décor de la façade


Anatole de Baudot reprend la même optique, en mettant à son service un nouveau matériau, le ciment armé. Saint-Jean de Montmartre est la première église où on utilise cette technique novatrice. Les piles de 25 m franchissent toute la hauteur, du sol de la crypte à la voute. Elles sont constituées de briques enfilées sur des tiges de métal. La voute est faite d’arcs construits selon le même principe, entre lesquels prennent place deux voiles de ciment armé ; il n’y a pas de charpente au-dessus des voutes. La façade est en quelque sorte un mur écran aux ornements polychromes très soignés. Elle souligne la verticalité de l’édifice.

Une nouveauté difficile à admettre

église Saint-Jean de Montmartre
Les parties hautes vues depuis la rue André Antoine

À la même période se termine la construction de la basilique voisine du Sacré-Coeur selon des idéaux fort différents. Bien sûr la construction de l’église Saint-Jean a donné lieu à beaucoup de critiques. Le chantier a duré près de dix ans à cause d’une lutte entre l’abbé Sobaux, qui avait fait commencer les travaux sans autorisation, et l’administration qui doutait de la validité du système de construction.
Partout l’armature est visible. En façade, les briques ont seulement une fonction de remplissage entre les poteaux et les arcs de ciment armé. En revanche, à l’intérieur de l’église, l’élancement des piles et des arcs offre une sensation de grande légèreté.
Un riche programme de vitraux est venu compléter l’édifice vers 1913, la plupart sont réalisés par le maître verrier Jacques Galland à partir de cartons de Pascal Blanchard. Ils illustrent l’Apocalypse dont saint Jean est l’auteur.

A propos de l’église Saint-Jean de Montmartre

L’église Saint-Jean-de-Montmartre