
La visite commence par la villa La Roche, véritable manifeste du modernisme de Le Corbusier. Le parcours emprunte ensuite différentes rues du XVIe arrondissement qui abritent des joyaux de l’architecture du débute du XXe siècle. Mallet-Stevens et Henri Sauvage y sont particulièrement à l’honneur.
Durée : 2 heures environ.
La visite guidée Le Corbusier et les Modernes
Le XVIe arrondissement de Paris a été un terrain d’exploration pour les architectes du XXe siècle. Hector Guimard s’y est illustré avec l’Art nouveau. Dans les années 1920 et 1930, les architectes modernistes ont réalisé non loin du jardin du Ranelagh de véritables prouesses et des innovations qui ont durablement marqué l’architecture privée. Cette visite commence rue du Docteur-Blanche, voie elle-même parsemée de remarquables constructions. Elle se poursuit dans les rue qui bordent l’avenue Mozart.
C’est la villa La Roche, conçue par Le Corbusier en 1923, qui donne le ton de la visite. Cachée au fond du square du Docteur-Blanche, elle renferme la plupart des principes du modernisme architectural. Les raisons de la construction, le choix des formes sont en effet des mises en œuvre de la doctrine de Le Corbusier, énoncées dans Vers une architecture. Déjà connu à l’époque, l’architecte se voit confier la construction de cette maison en 1923 par Raoul La Roche. Résidence et lieu d’exposition privé, c’est un des principaux jalons de l’architecture du XXe siècle. La visite intérieure de la villa fait partie de la visite (entrée non comprise dans le prix de la visite).
Mallet-Stevens et les autres
La rue Mallet-Stevens offre au regard les plus spectaculaires réalisations de l’architecte qui a donné son nom à la rue. La visite permet de découvrir les jeux de formes et de couleurs mis par Mallet-Stevens au service d’un espace subtil et paisible. Les habitants de le rue étaient musiciens, sculpteurs ou amateurs de cinéma. Mallet-Stevens a voulu poser ici des maisons dans un jardin, il voulait que la rue évoque « la placidité sans tristesse » (1). Les villas de Mallet-Stevens ne se visitent pas, on en apprécie les volumes poétiques depuis l’extérieur.

Véritable foyer du modernisme, le quartier abrite encore d’autres œuvres singulières et méconnues qu’on découvrira au cours de la promenade, comme le Studio Building d’Henri Sauvage, les constructions de Pol Abraham ou de Pierre Patout. Chaque architecte s’approprie les codes du modernisme pour donner à ses œuvres un tour personnel et une inscription dans le temps. Il s’agit à chaque fois de donner vie aux formes nouvelles que l’usage du béton autorise, de construire une esthétique inédite aux facettes multiples. Ce quartier du XVIe arrondissement est le meilleur témoin de ce renouvellement radical de l’architecture dans la première moitié du XXe siècle.
(1) : Entretien de 1927, cité dans Robert Mallet-Stevens L’œuvre complète, éd. Centre Pompidou, 2005, p. 122.
En lien avec la visite guidée Le Corbusier et les Modernes :
- L’article sur la villa La Roche de Le Corbusier
- L’article sur le Studio-Building
- Des photographies de la rue Mallet-Stevens conservées à la Bibliothèque historique de la ville de Paris.
- Sur le collège de Montmorency de Pol Abraham : « Le Collège de Montmorency à Paris par Pol Abraham, architecte DPLG », La Construction moderne, n° 47, août 1932, p. 773-775 et planches 169 à 172, en ligne sur le site de la bibliothèque de la Cité de l’architecture.