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De l’hôtel de Montmorency au passage des Panoramas

passage des panoramas
Rue des Panoramas

L’entrée principale du passage se trouve au 11, boulevard Montmartre, il a été inauguré en 1799. C’est l’un des premiers passages couverts parisiens, pratiquement contemporain du passage du Caire. À son emplacement se trouvait l’hôtel particulier Montmorency-Luxembourg. Rien de visible ne subsiste de cet hôtel, mais on peut imaginer l’importance de l’édifice en observant la rue des Panoramas et la demi-lune qui la termine. En effet, cette rue qui s’appelait d’abord rue Nouvelle-de-Montmorency, avait été percée en 1782 et les façades concaves côté nord formaient une ouverture pour mettre en valeur la façade de l’hôtel qui leur faisait face.

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L’hôtel de Montmorency-Luxembourg sur le plan de Turgot (1734-1739). La rue Neuve-de-Montmorency (rue des Panoramas), en rouge, et la partie nord de la rue Vivienne, en bleu, n’existent pas encore.

L’hôtel est saisi comme bien d’émigré pendant la Révolution. Il est vendu en 1798 à un armateur américain, William Thayer. Le nouveau propriétaire transforme l’hôtel et fait construire le passage des Panoramas, un raccourci commode entre le boulevard Montmartre très animé et les voies menant au Palais-Royal. La partie nord de la rue Vivienne n’existe pas encore, son percement date de 1834; emprunter le passage des Panoramas évite donc aux piétons un grand détour par la rue Montmartre ou la rue Richelieu pour aller du Palais-Royal aux boulevards.

Spectacle et commerce

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L’entrée sur le boulevard, reconstruite après 1831.

Le succès du passage tient d’abord aux deux panoramas construits côté boulevard. Il s’agit de deux rotondes que Thayer a fait construire en s’associant à un autre Américain, Robert Fulton, peintre, homme d’affaire et inventeur d’un prototype de sous-marin. Fulton quitte la France en 1804 et Thayer reste à Paris.

Les panoramas sont de grands cylindres d’une quinzaine de mètres de diamètre à l’intérieur desquels on peint un paysage. La toiture est percée de châssis vitrés qui assurent l’éclairage de ces peintures. Les spectateurs entrent par petits groupes sur une estrade et admirent un paysage spectaculaire à 360 degrés. La première peinture présentée est une vue de Paris depuis le dôme des Tuileries. Régulièrement les sujets changent.

Sur le boulevard Montmartre, les deux rotondes que forment les panoramas signalent l’entrée du passage. L’accès est d’autant plus visible que, dès 1807, le théâtre des Variétés est construit immédiatement à l’est des panoramas. Dans son état initial, le passage n’est pas couvert d’une verrière, mais seulement d’une toiture posée sur une charpente de bois dans laquelle on a ménagé des jours vitrés réguliers. Cette lumière faible est complétée par l’éclairage au gaz en 1816. C’est la première fois qu’on utilise le gaz d’éclairage dans un lieu public à Paris.

Nouveaux aménagements dans les années 1830

Vers 1830, la désaffection que subissent les panoramas conduit à leur démolition. L’immeuble qu’on voit aujourd’hui sur le boulevard Montmartre les a remplacés en donnant une tout autre allure à l’entrée du passage.

passage des panoramas rue Vivienne
L’entrée rue Vivienne, aménagée à partir de 1834

En 1834, à l’occasion du percement du segment nord de la rue Vivienne, le passage s’agrandit et devient plus complexe. Des façades sont élevées rue Vivienne et un nouvel accès est construit sur cette voie. Désormais le passage n’est plus une simple galerie rectiligne, mais une ramification de galeries aux boutiques ordonnancées : galeries des Variétés, Saint-Marc, de la Bourse, Feydeau et Montmartre. Ces travaux sont commandés, comme trente-cinq ans plus tôt, par Thayer qui fait appel à l’architecte Jean-Louis Grisart.

passage des panoramas
L’entrée rue Montmartre

À cette époque, le passage des Panoramas a besoin d’un nouvel élan suite à la création d’autres galeries prestigieuses comme la galerie Véro-Dodat, la galerie Colbert et la galerie Vivienne. Cependant, le rajeunissement des années 1830 n’est pas une recherche ornementale aussi poussée que dans les galeries concurrentes : on entend garder aux Panoramas une ambiance plus détendue et une certaine simplicité, à la mesure des allées plus étroites que dans les passages couverts concurrents.

Ultime transformation

Panoramas rue saint marc
Eugène Atget, l’entrée du passage des Panoramas rue Saint-Marc, 1907

À la fin du XIXe siècle, la proximité du boulevard permet au passage des Panoramas de continuer à fonctionner malgré la concurrence des grands magasins qui a causé la fermeture et, souvent, la démolition de nombreux passages couverts.

C’est le côté sud qui est le plus modifié lorsqu’on supprime, peu avant 1930, le portail de l’hôtel de Montmorency que Thayer avait conservé pour en faire l’entrée de son passage. L’arcade de ce portail et les cercles dessinés dans ses écoinçons ont servi de modèle à Grisart pour l’aménagement des arcades intérieures. On voit aussi ce même motif repris sur le portail d’entrée rue Montmartre.

henri Sauvage rue Saint marc
L’immeuble d’Henri Sauvage rue Saint-Marc

En 1930, Henri Sauvage termine l’immeuble dont la façade remplace celle d’origine du passage des Panoramas. La qualité intrinsèque du nouvel édifice est certaine, mais son emplacement et son échelle sont discutables. Les trois accès qu’il donne au passage des Panoramas sont d’une sobriété assez indigente.

Pour en savoir plus sur le passage des Panoramas

Le passage des Panoramas